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Despo Rutti et ses Convictions Suicidaires
Envoyé par kenivore, il y a 6 ans
Hier est sorti le, très attendu, premier album solo de Despo Rutti, Convictions Suicidaires. Despo est un des meilleurs Rappeur français et à ce titre on se doit de le supporter ! Allez acheter son album, c'est du lourd ! :D



Le voici au micro de Skyrock pour le titre Innenregistrable.


Sa wiki-biographie

Moins que pour remplir les dance floor ou encore faire plaisir aux oreilles de l'auditeur grâce à d'éventuelles cascades syllabiques ou lyricales stériles, Despo Rutti « Roots » (de son vrai nom Pascal Trésor azou' Simba) dresse un portait très dur et très controversé sur les effets de l'hypocrisie morale, humaine, politique, et même urbaine.

Né à Kinshasa (République démocratique du Congo) sous le règne du président Mobutu le 26 juin 1982 il vit entre le Congo (Brazzaville) où sa grand mère y possède des affaires et Kinshasa chez ses oncles maternels du fait d'un père absent depuis sa naissance.

Il partage sa date de naissance avec celle de l'écrivain martiniquais Aimé Césaire et tristement avec celle du décès du footballeur camerounais Marc-Vivien Foé au stade de Gerland à Lyon tout deux des personnalités qu'il appréciait particulièrement. Le premier pour sa lutte pour le respect des minorités et le second pour son calme et son respect ancestral pour l'adversaire malgré son gabarit imposant.

Il fait brutalement le lien entre la musique, le vice et la violence du fait d'avoir eu une chambre dans l'arrière cours du maquis-bars de sa mère. En effet après l'école son univers d'enfant était inconsciemment envahis par celle des adultes (bagarres sanglantes, alcool, rumba, extravagance, prostituées...), on peut alors comprendre que l'apologie de la moralité ne fasse pas partie de ses priorités. Oui, c'est sûrement la vente de bières (la drogue la plus légale) qui ont payé son billet d'avion pour la France en 1992, il arrive à la Fourche dans le XVIIIème, dans un studio de 27 m². À l'époque déjà il comprend mal comment les africains peuvent abandonner une parcelle de 300 m² pour des appartements aussi petits, avant de comprendre que les deux pays dans lesquels il faisait des aller retour était pas loin de se plonger dans des guerres civiles.

En 1994, il déménage pour St Denis : l'appartement est plus grand, mais le voisinage est moins sûr selon son père. En 1996 il emménage aux Pavillons sous Bois, une banlieue pour le moins plus « tranquille » que St Denis. C’est là qu'avec des potes il se met à rapper, à l'époque déjà il se cherche un style pour se différencier des autres. Fan de NTM, du Ministère AMER et d’IAM comme une grande partie des jeunes de banlieue, il rencontre Anansi au lycée Félix Faure à Pantin ou ils forment un groupe qui ne tiendra pas vraiment au fil du temps. Mais même si ce groupe n'existe plus aujourd’hui les deux rappeurs son devenu des amis très proches par ce qu'ils ont vécu dans la rue.

En 99 il enregistre ses premiers titres : « Tout c’que j’n’aurais pas » et « Les reufs meurent ». Quelques temps après, au studio Bungalow de Shadow (Les Derniers Messagers), un Black Dragon de Rueil-Malmaison qui a eu l'oreille assez développée pour croire dur comme fer que Despo occupera une place non négligeable dans le rap français de demain. Des divergences dans les ambitions et d’opinion de chacun et surtout dans les choix artistique de Despo l'ont contraint à se retrouver seul avec sa folie musicale, le léchage de bottes pour être pistonné pour une compile quelle qu'elle soit ne faisait et n'a jamais fait partie de ses jokers pour percer dans la musique.

En effet l'underground est rempli de « familles » et chacune des familles invitera d'abord sur ses projets les « tête d'affiches » puis leurs potes. Déçu des réalités du milieu rap il arrête de rapper en 2001. En 2003 il tombe sur une compilation dans laquelle un de ses morceaux fantômes figure.. « J'rap 4 my niggas » sans avoir eu à démarcher quoi que ce soit.

Il contacte alors le producteur de la compil' Fabrice Yahiaoui (aujourd’hui acteur) pour le remercier d'avoir mis son morceau juste parce qu'il a apprécié sa musique. Les connexions qui se font par la suite avec le label Hématome Concept (Tandem, Kazkami, ...) et plus particulièrement avec KoKo, un proche de Yahiaoui, donneront lieu aux apparitions dans les compilations « Résurrection », « Patrimoine du Ghetto » de Jo le Balafré puis enfin « Hostile 2006 » avec le morceau « Arrêtez » aujourd’hui devenu un classique des zup à placer à côté des vols à la tire et des Stan Smith noires en cuir.

Ce morceau et son clip seront largement commentés dans les halls, dans les maisons de disques, sur les forums web par sa violence autant dans les propos qu'il y tient qu'à cause d'un clip au synopsis digne d'une revendication indépendantiste tchétchène filmée. (cagoule, arme de guerre et de poing, attitude intimidante, exécution, etc.)

Quand les rappeurs ayant pour but d'utiliser ce genre de visuels pour se donner une image de rappeurs de rue violent et crédibles Despo s'en sert pour dire « arrêtez ce bordel, arrêtez les joints dans les halls les gars il y a ma daronne qui passe arrêtez les viols, vous m'avez rendu violent avec vos films d'action... »

Despo Rutti
a un style atypique qui se caractérise par une interprétation chargé d'émotion, de cynisme, de provocation et surtout de vérités crues décrite sans chercher à arrondir les angles. C’est un rap difficile à écouter un jour de fête, et déconseillé aux utopistes et aux hypocrites. Ceux qui ne comprennent pas son style dirons qu'il ne rap pas correctement et ceux qui le comprennent dirons qu'il a apporté un souffle de renouveau dans le rap de France.

Après avoir répondu présent sur des compilations des plus en vue, des collaborations avec des artistes confirmés comme Stomy Bugsy, Lino (Arsenik), Tandem, etc. Il signe sur Soldat Sans Grade Records et sort « Les Sirènes du Charbon » le 28 novembre 2006 un double CD, un EP 9 titres + un street album mixé par DJ Boudj (ex Sniper). On y retrouve des titres comme « Arrêtez », le morceau coup de poing sur lequel il pose un constat assez dur et fataliste sur plusieurs situations complexes, douleurs de croissance illustre son coté écorché vif et ses douleurs intérieurs, sa vie, nonchalant est à considérer comme le morceau « Des regrets » ou encore « Le repos du guerrier », sort ta carte l'appel au vote contre Nicolas Sarkozy en 2007, un texte qui montre son coté engagé et dénonciateur, « Le silence des macaques » décrit les agression raciales verbales ou physiques que peuvent subir les noirs de France, en se basant sur l'agression de Eunice Barber au stade de France, une interview de l'athlète médaille d'or figure entre chaque couplets notamment, puis enfin le titre « Les Sirènes du Charbon » qui dénonce les inégalités sociales et dresse un constat alarmant sur l'engrenage sociale et le harcèlement du pouvoir d'achat qui empêche au jeunes des quartiers ou des jeunes pauvres tout simplement d’honorer leurs éducations et le respect des lois d'une justice à deux vitesses il s'en est suivit d'un succès d'estime et d'un respect de ses pairs les plus objectifs.

Suite au bouche à oreilles le « buzz » remonte jusqu’au siège d’un syndicat de police. En effet, le visuel du CD qui illustre un enfant d'environ 5 ans sur un vélo entourés de 4 CRS lors des expulsions d'immigrés du gouvernement Villepin le rappeur des Pavillons sous Bois est condamné à verser aux 4 CRS 40 000 euros pour atteinte aux liberté individuelles et aux droit à l'image, le procès est toujours en cours.

Toujours actif dans et réactif sur les projets extérieurs, Despo enchaine les compilations, les featurings, et impose doucement mais sûrement son style d'extra-terrestre. On lui reproche notamment de dénoncer les dérives de certaines propagandes religieuses, des relations conflictuelles entre la communauté africaine noire et la communauté magrébine, mais comment arranger les choses sans débat ? Comment manger une omelette sans casser d'œufs et comment régler des problèmes que l'on évite de regarder ? Il ne prétend pas connaitre la Vérité, mais il est sûr de poser les bonnes questions !

Pour se faire, il a sorti hier « Convictions Suicidaires », son premier album qui traite des sujets les plus tabous de la société française sa définition de l'identité nationale, son avis sur Dieu et le Diable, sur la rébellion économique, sur la l’article 122-7 du code pénal concernant la légitime défense... du lourd !
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- Voltaire